Ardèche et ses Chemins de fer :  Modélisme  /  Tourisme  /  Histoires  /  Archives.

Craint qu'un jour un train ne t'émeuve plus " Guillaume Apollinaire""

 

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1976 c'est l'année ou mon papa débutait dans le modélisme de train de jardin.
 Il avait très envie de me mettre au monde,

mais il craignait de ne pas savoir faire, ce que d'autres montraient si bien, dans les revues spécialisées. et qui le faisait rêver depuis des années,
(Il se croyait incapable de construire une locomotive) 
 


   
1977 après avoir longtemps douté de ses capacités manuelles, il comprit (dans sa petite tête) qu'après tout une locomotive à vapeur, aussi complexe  soit- elle, n'est jamais qu' un assemblage d'une multitude de petites pièces toutes simples.
A partir de ce jour béni, il osa envisager ma conception.
Je serais de construction simple et de morphologie approximative,
réalisée avec des matériaux de récupération, si possible.Pourquoi construire ce que les poubelles vous offrent gratuitement.
(Pour le reste la patine cachera mes prévisibles imperfections)
.

     Pas encore bien sûr de lui, il voulait quand même que je ressemble ( de pas trop loin) à une Mallet du Vivarais.Après avoir agrandi un plan, paru dans une revue de modélisme, en 1978 il se mit en quête de matière première de dernier choix, (celle que l'on trouve à bon compte dans les fonds de tiroirs). L'outillage: crayon, cutter, colle à papier, des yeux observateurs, et une paire de mains, qui avait très envie d'essayer.
Son ambition, que je fasse de la figuration dans un dépôt crade.
 Il adore quand ça ne brille pas, mon papa. Il était tellement pas sûr du résultat et absorbé par sa création,
(qu'il n'a même pas pris une photo de ma construction).
 
 
   
1978 un journaliste  osa parler de moi et de papa dans un grand quotidien de Rhône Alpes, (en forçant un peu sur mes mensurations),
Peu importe j'étais assez fière de me montrer pour la 1ere fois.
Et bien vous ne me croirez peut être pas, mais papa était ravi ,
et moi assez contente de la robe qu'il m'avait taillée sur mesure.
A tel point qu'il décida, qu'avec mon allure trompe l'oeil
 je méritais bien de rouler sur son nouveau réseau,
(Il m'équipa de 2 blocs moteur à 3 essieux de 131 L G B de l'époque). Me voilà autorisée à rouler, sur les
Chemins de Fer de Basteyron,  petite ligne Ardéchoise entre Lamastre et Le Cheylard
(J'étais comblée, malgré ma superstructure de bout de ficelles),
 
    1981  à l'occasion d'un sondage auquel mon papa avait répondu en joignant ma photo
( Il y avait au moins un illuminé en France qui pratiquait le train de jardin, par tous les temps ).
Quelle ne fut pas ma surprise, de me découvrir dans Loco revue N° 423   C'est vrai que j'étais  réellement sur les rails entourée de plus de 30 cm de vraie neige par - 5°c
Comme quoi, savoir faire des sacrifices c' est quelques fois  apprécié,
(même si la fumée est factice et qu' à l'époque le journaliste me baptisa me classa dans l'échelle "IIIm")
 
    1983 à la demande de la direction rég. de la S N C F
qui m' avait déjà remarquée dans quelques expositions locales
je participe à la semaine du train, gare des Brotteaux à Lyon.
Un véritable décor fait pour moi, de mousse, lichen, gravier, sable et aussi de vrais Bonsaïs en bois, du frère à mon papa. Me retrouver avec des grands dans la capitale des Gaulles, pays de la 1ére ligne de train voyageur de France

(Vous pensez si j'étais contente moi la petite Ardéchoise),

    1984
à Annonay, Pays de mon compatriote Marc Seguin
je me fis remarquer de façon bien involontaire,
par les sifflets intempestifs des superbes 141 R de R. Passatuto,
(Nous avons découvert au déjeuner que  nous étions calé sur la même fréquence).
    1985 c'est en Avignon que je fus demandée. Là je me suis contentée d'une présentation statique dans un dépôt noir de suie et luisant de charbon, comme les vrais. Pour impressionner un peu plus les gens de la citée des Papes, qui étaient à l'époque, des grands prêtres du modélisme et de la vap. vive.
Mon papa m'avait baptisée
Train à Grande Vieillesse,
ce qui me valut encore les honneurs de la presse,
(qui n'avait pas l'habitude de voir de la vraie crasse en miniature).
 

    1987 la consécration pour moi, modeste loco faite de bric et de broc, où je fis par hasard, la UNE d'un hebdomadaire Ardéchois dont le directeur m'a prise pour une vraie locomotive du célèbre Mastrou arrêtée en pleine campagne par un troupeau de vaches. Là  mon papa a eu les chevilles enflées, d'abord grâce à moi et un peu aussi, a cause de son cliché, le journaliste Ardéchois avait titré en toute innocence
" LE MASTROU... Une des merveilles dont parle Gault Millau dans ses 20 pages sur l'Ardèche"

(nous avions abusés bien involontairement les lecteurs du journal)

 
Un peu médiatisée
par la presse
et diverses revues spécialisées
  je n'étais pas vraiment blasée
 

   
   
1990 je fus encore grandement surprise en décembre de me voir sur la couverture du N° 532 de Loco revue .Vous pensez 11 pages de reportage d' un train de jardin dans une revue où les fidèles lecteurs, adorent surtout les trains en H O, en 0, ou encore en N. Leur proposer du IIm avec du flocage naturel, cela peut surprendre.
16 ans après certains reconvertis se rappellent encore de moi.
alors que
je devenais une vedette reconnue, papa pensait déjà à me faire une petite soeur
 (qui parait il devait être plus élégante et bien mieux roulée ...)
 
1991 après ce vedettariat inespéré, un journaliste de T F1  remua ciel et terre pour avoir l'adresse de papa
dans le but de descendre me filmer, un jour où j'étais malheureusement bloquée par 20 cm de neige gelée
(Depuis la neige a fondue, mais j'attends toujours le journaliste, qui devait reprendre contact aux beaux jours )
.
 
    1992 après une telle couverture ferroviaire nationale.
 
J'ai pris un peu la grosse tête, qu' auriez vous fait à ma place .
J'ai même accepté en juin  de poser, pour une campagne d'affichage de 3 x 4 m. sur le bord des routes, pour faire la promotion de la nouvelle lubie de mon cher papa, qui voulait profiter un peu de ma notoriété naissante, pour lancer son tout nouveau réseau " Ardèche miniatures".
(pour que soit disant plus de gens puissent m' admirer ?)


En toute modestie , je la méritais bien cette notoriété après quinze années
de bons et loyaux services en extérieur, Pilotée par radio commande, par tous les temps,
(malgré que je sois d'une constitution fragile, parait il) ?
Et bien parlons en un peu de ma constitution si vous le voulez bien.
Après avoir douté, mon papa qui a beaucoup réfléchi (aussi) . Il est arrivé à penser? (et oui)
que le temps, le savoir faire, l'outillage, la patiences, le conjoint et les autres...
ne sont que des prétextes pour ceux qui se prennent que pour des Nains-compétents.
Avoir très envie et Oser entreprendre.
vous emmène vers des horizons insoupçonnable
 

Ma cabine et mes caisses à eau,
sont en vulgaire carton de catalogue
.

Mon foyer et la boite à fumée,

du carton cylindrique d'emballage

Mon dôme vapeur
,
un demi emballage de bonbon "Kinder"

Mes tampons,
des poignées de tiroir en laiton

Mes lanternes,
des chutes de laiton, tournées sur une perceuse

Les boules de mains montoirs,
une goutte d'étain, sur une tige de laiton

Mes ferrures de porte de boite à fumée,
des agrafes acier pour emballage
Mes douze roues motrices, et blocs moteurs,
sont un peu du commerce

Ma sablière,

une boite de pellicule photo

Ma porte de boite à fumée ouvrante,

un fond de bombe aérosol.

Ma traverse de tamponnement avant
un morceau de bois taillé.

Mes différents volants,
des boutons pressions
.
Ma soupape de sécurité,
un embout manchonné pour fil électrique.

Ma cheminée,
un embout plastique de lustre.

Le dôme de cheminée,
un bouton de culotte évidé

Mes tuyauteries,
des fils électriques en cuivre
.
Mes 1/2 accouplements,
du fil d'étain manchonné par un ressort

Mon tout, a mise en confiance de papa

 

Oser, c'est aussi avoir la surprise de découvrir jusqu'où un passionné peut aller pour sa belle.

 
A droite, c'est ma soeur, celle qui se croit mieux que moi.
 Papa dit que je lui ai donné dix fois plus de plaisir qu' elle
et elle dix fois plus de problèmes, de travail et de dextérité.
( Il y a même des jours où il se demande si elle est bien de lui) ?
C'est grâce à moi s' il a pris confiance, et qu'il a pu faire ma soeur,
 
(Au passage, elle lui a coûté bien plus, en matériaux et outillage),
Il n'y a pas de quoi faire la crâneuse parce que mademoiselle
 profite de mon expérience et ose se montrer toute nue.
 
Vous l'avez déjà vu, en cinq colonnes à la une dans le moindre journal ? elle !...
   
    1999
, bien fatiguée par les années de services
je suis réapparu dans le N° 627 de Loco Revue.
Au coté de ma soeur qui ne faisait plus vraiment la pimbêche.
Faut dire que papa pour nous préserver des piéges des petits  terroristes et clients, ne nous engage plus dans le service régulier de la compagnie,
Nos jeunes soeurs parcourent chacune plus de 15 Km. par jour, les veinardes pendant ce temps de retraite forcé.
"Le temps aux plus belles choses se plait à faire un affront"
 
    2000, Jalouse et vexée par cette désaffection après un si bon service, au siècle dernier
Pour ne pas être oubliée, je me fais passer pour une autre.
 Cela a bien fonctionné une première fois, alors pourquoi pas deux.  A l'occasion du 1er avril,  j'écris à une revue, de voies étroites, lui annonçant, que l'on venait de retrouver en Ardèche, 30 ans après  la fermeture de les lignes C F D  Vivarais Lozère. la locomotive Mallet 030 030 N° 408
(Avec présentation d'un document véridique attestant d'une demande de sauvetage de cette machine).
A ma grande surprise la supercherie a bien fonctionné
même auprès d'amateurs ferroviaires avertis.
(Ceux ci écrivirent à la revue pour relater tout ce qu' ils savaient
sur moi et mes grandes soeurs) .
 
    2003 après un carrière quand même bien remplie, mon très cher papa, semble vouloir me condamner, devant une fosse envahie par les ronces, peut être pour me punir de mon impertinence ? peut être encore par indifférence, ce que je ne crois pas vraiment, peut être par nostalgie de ce 1er réseau qu'il a été un peu contraint d'abandonner.
à finir tristement mes jours, déraillée sur une voie sans issue,

dans ce qui reste du beau réseau des C.F.B. abandonné en 90
 et qui semble avoir dérouillé beaucoup plus que la loco.

 ( Mais qui sait ? ce n' est peu être pas moi sur cette photo,
dans la dèche ? )
 
 2004  mon image était encore utilisée sur tous ses documents publicitaire d' Ardèche miniatures.
Aujourd'hui mon vieux papa a pris sa retraite professionnelle.
Et bien savez vous qu'il envisage de repartir sur les routes avec un module d'exposition, dont parait il,
je serais la vedette principale dans un diorama à faire hurlé de rage les amoureux des locomotives embaumés présentés dans les musées

Chut !...  c'est encore un secret.

 Profitant de sa retraite, il envisage de construire un 3éme réseau de jardin. mais uniquement pour ces petits enfants parait il.


( Il n'acceptera pas d'être mis au tas tant que la loco - motive)
.
  
   
2006 peu importe l'avenir plus ou moins fantaisiste que me réserve mon chef. Il semblerait que ma nouvelle voie soit  tracée,
 
je vais très certainement passer à la postérité sur le 45 parallèle
( à défaut de passer hériter à la poste, du montant qui serait bien utile pour ma restauration )

En effet, certains ayant eu vent de la réforme de mon maître, ont créés spontanément une " association internationale de défonse des trains de jardin mal aimés "
j'ai été choisi comme emblème de cette révolte ferroviaire

(un peu contre l'avis de mon papa qui comme vous pouvez voir
n'est pas présent sur la photo des Nains trépides défenseurs de tout ce qui  déraillent)
 

    Signé:   Lavoie De Sonmètre Pierre